Rénover une maison centenaire sans la dénaturer : l'histoire de Maison Tourterelle

Une maison bourgeoise inhabitée depuis des années, une tourterelle pour seule occupante, et une idée fixe : tout restaurer sans rien effacer. Voici comment je l'ai rénovée en un an, pièce par pièce, et ce que j'en ai appris.

Provoquer sa chance !

Bonjour, moi c'est Lauriane, votre hôte. Quand j'ai découvert cette maison pour la première fois, un peu par hasard, ce n'était pas un coup de cœur immédiat. C'était quelque chose de plus rare… un sentiment de joie et une projection immédiate. La maison était inhabitée depuis plusieurs années, seule une tourterelle domestique y avait élu domicile. Et moi, tout comme elle, je rêvais de retrouver un peu de liberté, quitte à m'éloigner de Paris.

Ce fut une évidence. Un morceau de campagne dans un centre-ville historique.

En rénovant cette maison avec soin, pièce par pièce, week-end après week-end, j'ai créé le lieu dont je rêvais. Ce qui la rend unique : ses sols, sa palette de couleurs, le choix des matières, les touches artistiques, le chic d'antan et bien sûr le loft studio avec son toit cathédrale et ses poutres en béton façonnées par les artisans de la cathédrale de Noyon.

Cette maison m'a donné des ailes. Elle est maintenant prête à vous permettre de prendre votre envol.

« Certaines choses nous attendent pile au bon moment. »

Entrepreneure depuis plus de 15 ans et Directrice des Ressources Humaines, j'ai toujours aimé rassembler, écouter et faire émerger de nouveaux projets.

Les challenges me nourrissent. Celui-ci est sans doute le plus symbolique (et le plus physique) : acquérir seule une maison bourgeoise de ville et la transformer en un lieu inspirant, mêlant charme de l'ancien et modernité. Un endroit où l'on peut à la fois se ressourcer et créer.

Passionnée d'art, de lieux qui racontent une histoire et de décoration, j'ai imaginé, dessiné les plans et rénové cette maison avec l'idée d'une adresse chic (mais accessible), chaleureuse et singulière, pensée pour nourrir l'ambition autant que l'équilibre.

Un an de chantier, deux paires de mains

La règle que je me suis fixée dès le premier jour : le gros œuvre aux artisans, tout le reste c’est pour moi. Eux pour la structure et les réseaux, tout ce qui ne pardonne pas. Moi pour les plans, le rafraîchissement complet et la décoration, le soir et les week-ends, pendant un an, avec ma mère en copilote des grands jours.

Pour trouver les bons artisans, je n'ai rien inventé : j'ai fait travailler le bouche-à-oreille local. Les voisins, les amis des voisins, la personne qui connaît la personne parfaite. Dans une ville comme Noyon et ses petits villages au alentours, les artisans qui aiment le bâti ancien se connaissent tous.

Mais lorsque l’on rénove il faut aussi savoior s’écouter et parfois tenir tête aux professionnels. Par exemple lorsque j’ai découvert que les poutres en béton du Perchoir ont été façonnées par les artisans de la cathédrale impossible d’accepter de toutes les coffrer dans du placo.

Ce qui n’empêche pas d’appliquer deux réflexes m'ont évité bien des déconvenues : demander plusieurs devis et les comparer poste par poste et préférer celui qui dit « je ne toucherais pas à ça » à celui qui dit oui à tout. Un artisan qui protège votre maison, même parfois contre vos propres idées, est un artisan à garder.


Pièce par pièce : les choix qui font la maison

Mon fil rouge tenait en une phrase : rien ne doit être dénaturé tout doit être sublimé.

À chaque pièce, la même question : qu'est-ce qui était déjà là, et comment le faire briller ?

Le hall. Les carreaux en damier noir et blanc, l'escalier courbe en bois, le piano en marqueterie. Je n'ai presque rien ajouté : l'entrée racontait déjà tout, il fallait juste la laisser parler.

Les pièces de réception. La salle à manger et le salon ont gardé leur esprit d'origine, avec la cheminée en marbre rouge et son miroir doré. Un rafraîchissement, pas une transformation : le chic d'antan n'a pas besoin d'aide.

La cuisine. Équipée, fonctionnelle, avec son sol en marbre noir. C'est la pièce où j'ai le plus arbitré entre le beau et le pratique ; le marbre a gagné les deux manches.

La véranda. Mur de brique rouge, auvent rayé, un citronnier et des assises chinées. C'est devenu le cœur des tablées.

Le jardin clos. Des rosiers Pierre de Ronsard contre le mur patiné, des fraisiers suspendus sur la brique, des hortensias, un pas japonais. Un jardin de ville qui se prend pour la campagne.

L'Horizon, à l'étage. Mon audace préférée : l’arche coloré du palier. Le Nid et son murs de miroirs chinés ; L'Envol, son mur sauge, sa tête de lit capitonnée et son lustre à pampilles ; Le Refuge, son pan de mur bordeaux habillé de pochettes de vinyles, sa platine et sa cheminée en marbre brun-gris. La salle de bain, avec sa mosaïque noir et blanc dessinée et posée à la main.

Le Perchoir, sous les toits. Le plafond cathédrale, le mur pignon en brique rouge, les fameuses poutres en béton, une suspension noire sculpturale, une kitchenette blanche au robinet noir, et une salle d'eau en marbre de Calacatta avec sa douche à l'italienne en ardoise, éclairée par le velux. La pièce qui m'a demandé le plus d'efforts, et qui me le rend chaque jour.


Maîtriser le budget sans sacrifier l'âme

Un an de chantier, ça se tient d'abord dans un tableau. Le mien était simple : une ligne par pièce, une colonne « artisans », une colonne « moi », et une marge pour l'imprévu, parce qu'une maison centenaire en réserve toujours. Merci Notion !

Mes arbitrages : ne jamais rogner sur le gros œuvre ni sur ce qui se touche tous les jours (poignées, robinetterie, interrupteurs), faire soi-même tout ce qui se rattrape (peintures, papiers peints, patines), et meubler en chinant.

La chine divise les coûts et multiplie le caractère : la moitié de ce que vous voyez à la maison vient de brocantes et vide maison de l'Oise.

Enfin, une palette de couleurs décidée une fois pour toutes m'a évité les achats d'humeur, ceux qu'on regrette et qu'on repeint.




Mes sept conseils si vous voulez vous lancer

1.  Habitez avant de dessiner. Vivez quelques semaines dans les volumes, suivez la lumière heure par heure. Mes plans ont changé trois fois grâce à un simple rayon de soleil de 17h.

2.  Décidez votre palette en premier.Cinq couleurs, pas une de plus, choisies au début. Ensuite, chaque achat se teste contre elle : ça tranche tout, tout de suite.

3.  Confiez le gros œuvre, gardez la beauté.Les artisans locaux pour ce qui ne pardonne pas, vous pour ce qui se rattrape. C'est la répartition qui protège à la fois le budget et le plaisir.

4.  Cherchez vos artisans au plus près. Le bouche-à-oreille du quartier, plusieurs devis comparés poste par poste, un chantier livré à visiter. Et préférez celui qui sait dire non.

5.  Gardez ce qui était là.Un sol d'origine, une cheminée, une moulure valent mieux que tout ce qu'on peut acheter. Restaurer coûte souvent moins que remplacer, et raconte infiniment plus.

6.  Chinez tôt, stockez, attendez. Les belles pièces se trouvent avant d'en avoir besoin. J'ai acheté certains meubles un an avant de savoir dans quelle pièce ils vivraient.

7.  Finissez pièce par pièce.Une pièce terminée à 100 % nourrit le moral pour les dix suivantes. Dix pièces à 80 % épuisent n'importe qui.



La meilleure façon d'en parler ? Venir.

Un lieu que j'habite. Et dans lequel vous pouvez, vous aussi, faire grandir vos idées.

Si vous portez un projet de rénovation, ou l'envie d'un lieu à vous, le plus simple est encore de venir vivre la maison : une journée pour changer de cadre, un séjour pour prendre le temps. On s'installe dans la véranda ou au jardin, vous m'apportez vos questions, vos photos, vos doutes, et on en parle pour de vrai.

C'est en habitant un lieu rénové qu'on comprend le mieux ce qu'on veut pour le sien.



Réservez votre journée ou votre séjour sur la page Séjourner, ou écrivez-moi : la porte est ouverte !



J'ai hâte de vous accueillir à la maison.

Lauriane

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Que faire à Noyon le temps d'un week-end